D'une douceur sucrée, ce fruit dangereux m'accuse, il veut que je le goûte, que je 'enivre de sa pulpe, que je m'éternise de sa douceur..
Mes lèvres fragiles arborent sensiblement sa chair, mon c½ur s'égare et semble ne plus se soucier de son poison.
Euphorique, je divague, mon âme manipulée, dominée perd tout contrôle, mes membres sont de marbres, tout s'efface et laisse place à un paysage excentrique.
Un rivage aux couleurs d'argent est bordé par de magnifiques myosotis sucrés, de sublimes hortensias nacrés,d'incroyables orchidées veloutées, et d'autres délicieuses fleurs ornementales. Elles pulsent, elles vibrent,puis s'enflamment, les arbres aussi se consument,on peut voir la cendre dessiner sur leurs ecorces d'étranges créatures plantureuses aux allures de statues grecques. Tout se transforme,il n'y a plus de formes, le corps est décors.
Je ferme les yeux, je sens une présence qui m'attire vers elle, je suis aveuglée par sa lumière virginale, un éclair dans le ciel m'apeure, et pourtant je désire ardemment que ce chemin mystérieux me mène vers une autre étoile..
Une vague haineuse me pousse violement contre un rocher, j'ai cru mourir mais une force impalpable m'insufflait à la vie ... Je titubais sur le sable qui s'était métamorphosé en galets rugueux qui coupaient de toute part ma peau ....Fatiguée, vidée je m'efforçais de comprendre ce qu'il se passait mais en vain, rien ne me parait cohérent...
Invraisemblable est cette monstruosité qui irrite et viole mon âme...Il n'est plus question de s'adonner aux caresses du zéphyr mais d'affronter les déchirements de la nature.
Arrachée à une terre féconde, je perçois une étendue de cimes brûlées, des cendres remplacent désormais les galets.. Le ciel est tourmenté,, les couleurs se diluent, le monde d'avilit, mon âme se mortifie, je suis si froide de l'intérieur que mon c½ur se givre..
Jamais je ne reverrais un ciel étoilé, jamais plus je ne pourrais me baigner dans des eaux étincelantes...
Etant vierge, innocente, magnifique, splendide je ne suis plus qu'un tas d'os et d'ombre..., Souillée, crasseuse, spumeuse, ridée, défigurée, j'erre entre les cailloux,le ciel m'offre quelques gouttes, celles-ci perlent mes lèvres.. Soudain ma chair me brûle,le ciel pleure...Du sang ?Rien n'est plus horrible !Mon corps se délite,je suis infectée par cette saleté de gangrène !
Recroquevillée dans un marais toxique rempli de vermines,je suis figée...
Je ne suis plus qu'un vulgaire palustre, une infecte substance qui s'affaiblit et qui se noie au fond de ces méandres....
Existe-t-il une genèse ? Un miracle ??....Hélas il est trop tard je porte en moi la cupidité de ce péché.. Je suis l'Insulte de la nature..



